Mise en avant

Premiers pas dans le Tiers Lien

Initialement (2020), le Tiers Lien voulait créer des temps et modes de dialogue entre citoyennes et citoyens, dans n’importe quel lieu suffisamment accueillant pour faciliter des échanges sincères et la découverte d’autres vies, simplement pour (re)faire société au lieu de se diviser, au moins pour un temps.

C’est expliqué ici, et via le menu que vous trouvez en haut de ce blog. Il y a aussi un flyer. Vous pouvez vous en inspirer, expérimenter sans rien devoir à personne. Cela reste une utopie réalisable, même si le nombre de rencontres expérientielles a été jusqu’ici limité, covid puis fin de mon activité professionnelle.

En 2024, je m’étais entre temps encore plus plongé dans ce qui fait « bouger » notre société, ses souffrances et ses ilots de cohérence qui cherchent à (re)construire une humanité plus bienveillante envers elle-même et la vie dont elle fait partie.

Ce qui m’a conduit à proposer la Fresque du Buen Vivir, qui a pris une place plus « militante » au sein du Tiers Lien, sans que je n’abandonne l’idée des rencontres entre « côtoyens », toutes convictions, expériences, parcours de vie mélangés. Ceci est explicité dans mon post du 4 juin 2024

Vous trouverez dans ce blog quelques retours d’expérience, des variantes de la fresque construites lors des rencontres, des réflexions sur les espaces de dialogue.

Vous pouvez accéder à la Fresque complète ici, pour l’instant hébergée dans Klaxoon, un outil de coopération visuelle. N’hésitez pas à m’envoyer un message (formulaire contact ci-contre) pour toute remarque, question, encouragement !

Ah j’allais oublier, il y a aussi une petite communauté de sympathisant⸱e⸱s dans un groupe LinkedIn Tiers Lien

Bonne visite, bonne balade, au plaisir d’échanger si cela vous inspire !
Thierry

S’affirmer : lien ou barrière ?

Au lendemain d’une rencontre en ligne du CAT, consortium d’accompagnement des transitions autour des « Cercles en Communs et culture du dialogue » (Nouveau groupe LinkedIn), je retrouve un texte écrit il y a quelques semaines. Il était en fait intitulé « Parole juste vs affirmer sa singularité ? ». En le relisant aujourd’hui, je me dis que ce peut être une contribution aux « Cercles en Communs ». Le voici.

La première version de cette question / pensée a jailli en pensant à mes nouveaux contacts LinkedIn, me demandant qu’ils trouvaient le passage de ma présentation où j’écris :

« …J’avais choisi début 2025 de renommer mon profil « anarcho-bouddhiste », inspiré par les deux courants de pensée bouddhiste et anarchiste et les résonances entre les deux. … Mais cet « étendard » pourrait aussi faire fuir certain.e.s si elle en attirerait d’autres, il a fini par m’encombrer un peu… »

Question : Est-ce qu’affirmer ma singularité est potentiellement facteur de lien ou bien crée des barrières, met de la distance ?

Réponse 1 : tout dépend de l’état d’esprit de celui ou celle qui écoute. Si iel est ouverte, curieuse, et se sent en sécurité, mon expérience viendra enrichir la sienne. Si iel est en insécurité, craintive, dans la peur, iel y verra une menace à sa propre façon d’être.

Réponse 2 : donc, en soi, s’affirmer ne génère en soi ni lien ni barrière.

Mais si la « réception » de mon affirmation dépend de l’autre, le choix de l’exprimer ou non, et le choix de ma façon de l’exprimer ne dépend que de moi, est de ma responsabilité. A moi donc d’être assez attentif, bienveillant, intuitif pour sentir si ce que je veux dire, montrer, sera utile ou non à mon / mes interlocuteurs dans les circonstances présentes. Bref m’adapter à mon auditoire, non seulement en termes de langage, mais surtout de pertinence du point de vue de l’intention, existentielle. C’est sans doute ce que Thich Nhat Hanh appelle « parole aimante ». La « parole juste » est donc toujours située, dans la relation du moment. Je peux donc dire quelque chose de « vrai » sans que la parole ne soit juste.

Dans le cas d’écrits sur les media électronique, comme je ne sais rien des conditions de réception, c’est pile ou face…

Ensuite j’ai pensé aux conséquences dans le cadre du Tiers Lien : on y invite les participant.e.s à partager leur expérience, leur vécu, dans un cadre que nous tâchons de créer le plus sécurisant possible (règles de parole et d’écoute, non réaction…). Avec ce qui précède, je réalise que cela ne suffit sans doute pas, que chacun écoute comme il peut, comme il est. Il faut sans doute un peu d’entraînement pour « incarner » ce cadre, sentir et faire sentir qu’on peut le respecter.

Confidentialité, parler en « je », ne pas réagir… peut-être admis intellectuellement, mais notre corps, notre visage peuvent exprimer autre chose d’inconsciemment perceptible. Il y a tant de formes de sourire…

Le « supplément de lien » qui sert de base à des relations authentiques est présent dans des communautés de partage de valeurs, expériences, et est construit petit à petit, au fil des rencontres. On peut vivre ça dans un groupe thérapeutique, une communauté spirituelle, un « corps » disposant d’un code d’honneur assumé…

A l’opposé de cette forme de lien construit sur la durée, l’anonymat garanti par l’occasion d’une rencontre sans lendemain, comme dans les « Places du Dialogue » peut aussi apporter une forme de sécurité, notamment dans les grandes villes, car ce que je dis sera sans conséquence, puisque nous resterons, au-delà du temps d’échange, des inconnus les uns pour les autres. Sauf à décider, ensuite, que nous voulons nous revoir.

Le principe du Tiers Lien est alors le plus complexe et le plus fragile qui soit : on y rencontre des gens qu’on pourrait recroiser dans notre vie quotidienne, et il est même explicitement proposé de se demander ensuite si on peut / veut se revoir pour continuer de se découvrir les uns les autres. On est invité à parler de soi. Jusqu’où se dévoiler est alors une question importante pour chacun : trop peu, on joue la comédie du café du commerce (c’est une image, je suis sûr que dans certains cafés des échanges profonds sont possibles) ; trop, et on a envie de fuir pour s’être trop dévoilé, car on n’ose pas forcément vérifier ce qui a été vraiment « reçu », on a peur d’être jugé, quoi qu’en disent les règles.

Le fait d’avoir quelques « scénarios » d’animation est une façon de contourner cette difficulté », en orientant les premiers échanges sur des sujets personnels mais n’impliquant pas forcément de réponse profonde, puis en proposant de choisir de partager des choses plus importantes pour soi.

Est-ce que cela suffit ? Avez-vous d’autres pistes, propositions, expériences ?

Comme contribution « idéale », dans le contexte à la fois particulier et universel qu’est la pratique bouddhiste, voici la 4e proposition « d’entraînement » du maître Thich Nhat Hanh : https://plumvillage.org/fr/pleine-conscience/5-entrainements

Parole Aimante et Ecoute Profonde

Conscient·e de la souffrance provoquée par des paroles irréfléchies et par l’incapacité à écouter autrui, je suis déterminé·e à apprendre à parler à tous avec amour et à développer une écoute profonde qui soulage la souffrance et apporte paix et réconciliation entre moi-même et autrui, entre groupes ethniques, groupes religieux, et entre nations. Sachant que la parole peut être source de bonheur comme de souffrance, je m’engage à apprendre à parler avec sincérité, en employant des mots qui inspirent à chacun la confiance en soi, nourrissent la joie et l’espoir, et œuvrent à l’harmonie et à la compréhension mutuelle. Je suis déterminé·e à ne rien dire lorsque je suis en colère : je m’entraînerai à respirer et à marcher en pleine conscience, afin de reconnaître cette colère et de regarder profondément ses racines, tout particulièrement dans mes perceptions erronées et dans le manque de compréhension de ma propre souffrance et de la souffrance de la personne contre laquelle je suis en colère. Je m’entraînerai à dire la vérité et à écouter profondément, de manière à réduire la souffrance chez les autres et en moi-même, et à trouver des solutions aux situations difficiles. Je suis déterminé·e à ne répandre aucune information dont je ne suis pas certain·e et à ne rien dire qui puisse entraîner division, discorde ou rupture au sein d’une famille ou d’une communauté. Je m’engage à pratiquer la Diligence Juste afin de cultiver ma compréhension, mon amour, mon bonheur et ma tolérance, et de transformer jour après jour les semences de violence, de haine et de peur qui demeurent en moi.

Thich Nhat Hanh,
https://plumvillage.org/fr/pleine-conscience/5-entrainements

Si vous voulez en savoir plus sur ce que j’entends par « Anarcho-bouddhiste », vous trouverez quelques éléments dans un article LinkedIn de mars 2025.

Le Tiers Lien est une communauté oblique

Je découvre que le #TiersLien est probablement une « communauté oblique » : espaces concrets — culturels, locaux ou spirituels — où la vie collective échappe provisoirement à la logique du conflit et de la domination.

Extraits du texte publié sur l’excellent site Les Cahiers Personnes :

« Les communautés obliques rappellent que la vie sociale ne s’épuise pas dans le conflit opposant masses et élites, et que les espaces de rencontre « en biais » peuvent atténuer la symétrie toxique de la méfiance et de l’humiliation réciproque. »

« il doit être possible aussi de penser des espaces où aucune classe sociale n’est exclusivement hôte ou invitée, où les règles du jeu n’appartiennent à aucune communauté. »

« Les communautés obliques se réunissent autour du soin de ce qui exige l’attention de tous et traverse les clivages polarisants. Leur source peut être la solidarité, l’émerveillement, le souci de la fragilité d’un patrimoine commun ou le sens du devoir – attitudes et émotions qui ne sont la propriété de personne.’

« Ils rappellent que la vie sociale ne s’épuise pas dans le conflit entre masses et élites, et que les rencontres « en biais » peuvent affaiblir la symétrie toxique de la méfiance et des humiliations réciproques. 

Il y devient possible d’exercer une autre forme de politique – moins hiérarchisée, moins performative, mais plus enracinée et plus familière. »:

et enfin la conclusion :

« ces communautés ne sont pas une panacée contre la lutte entre masses et élites, ni un opium qui ferait oublier les tensions et blessures – économiques comme symboliques – qui marquent la condition des sociétés contemporaines. Elles sont toutefois des espaces de répit dans la cartographie de nos existences sociales : elles rappellent qu’il n’est pas possible de demeurer en désaccord absolu avec quelqu’un jusque dans l’intimité la plus profonde de son être. Ce sont des lieux où nous découvrons que les opinions opposées, brandies vers l’autre camp, ne sont qu’un vêtement extérieur – et non notre peau. »

Si vous avez suivi le Tiers Lien depuis ses premiers élans, vous ne devriez pas être surpris⸱e⸱s. Je vous invite à lire le texte complet : « La Révolte des masses 2.0 – Il est temps de bâtir des communautés obliques« 

Kiosque Civique du 7 juin

Une exploration constructive

Avouons-le, peu de passage ce samedi 7 juin 2025 rue de la Poterie, pourtant le Kiosque Civique monté par Jean-Michel était prêt à accueillir du monde :

Nous avons dû renoncer aux cercles de dialogue autour de la citoyenneté, faute de passage simultané d’un groupe suffisant. Le programme ambitieux que nous avions proposé s’est de fait réduit aux échanges sympathiques et constructifs avec la quinzaine de passants, qui ont pu voir l’expo itinérante ATD sur la maltraitance institutionnelle et les affiches de différents mouvements.

La plupart ont apporté leur contribution à la fresque du jour (c’est ballot, j’ai oublié de la prendre en photo avant de démonter…). Une version plus lisible est partagée plus bas.

Cette moisson est caractéristique de l’articulation local / global : des items qui touchent des soucis de la vie quotidienne (vivre dans des tours quand les ascenseurs tombent souvent en panne, le coût de la construction…) et d’autres plus globales (mentions du capitalisme et de la recherche de profit dans ce qui doit cesser…). Là encore il aurait été plus fertile de mettre en dialogue ces contributions, voire d’aider à les « déplier », reformuler pour explorer leurs ramifications. Par exemple à partir d’une situation difficile de retour au travail imposé, nous avons questionné les normes biologiques implicites voire invisibles.

J’aimerais un jour disposer de plus de temps avec les participants pour explorer aussi la place et les modes d’évolution des dimensions « psychologiques » des changements souhaités : une fois qu’on a exprimé qu’il faudrait faire disparaître l’individualisme ou les préjugés, comment on s’y prend ? Comment nourrir l’aspiration du « vivre ensemble entre voisins » ? (donc sans doute entendre la difficulté vécue par la personne qui exprime ce souhait).

Comment développer la fondation du respect, de l’écoute attentive à l’échelle d’un quartier, d’une ville, d’une nation, d’une civilisation ?

Autour du soin, à la fois fondement et ingrédient d’une société meilleure, je retiens (formulation après quelques échanges) : « Apprentissage de l’attention à son propre corps, et du savoir-faire pour en prendre soin« . En effet tout à fait ignorés à la fois dans l’éducation et dans la culture des adultes (relation probable de cause à effet, comment des adultes mal à l’aise avec leurs corps pourraient-ils aider les enfants à écouter, explorer le leur ?)

Comme chaque fois, la « musique », la « couleur » de ce jour-là est spécifique, même si l’on retrouve des tendances de fond présentes dans la fresque « complète ». J’ai autant de plaisir à découvrir ces variations qu’à sentir la vague de fond.

La moisson

Voici donc pour que chacun.e puisse en profiter les 5 compilations (dans un post précédent j’avais partagé les contributions recueillies en juillet 2024).

Les post-it « ce qui doit mourir » subjectivement regroupés
Ce qui peut (re)naître
Comment on peut s’y prendre ?
Où est-ce que ça s’expérimente ?
Au fond, quelles « fondations » pour une société désirable ?

Les visiteurs les plus à l’aise avec l’informatique pourront retrouver ça sur le tableau Miro dédié (création d’un compte utilisateur nécessaire semble-t-il).

La fresque complète

Je prendrai le temps de compléter la version « intégrale » de la Fresque du Buen Vivir en intégrant quelques éléments nouveaux tirés de ces partages.

La version imprimée n’était pas assez lisible pour être exploitable, même au format A0, mais vous pouvez encore consulter la version de mai sur Klaxoon (que j’abandonnerai sans doute à la rentrée, abonnement prohibitif pour un usage occasionnel et grand public)

La version « print » de la Fresque du Buen Vivir (version juin 2025)

Quelle(s) suites ?

Sur nombre de questions soulevées, nous avions des ressources à disposition (livres, références…) que nous n’avons pas utilisées. Je rêve d’une communauté locale informelle qui prendrait le temps de les explorer, en partant de ces contributions, et permettrait à celles et ceux qui le souhaitent de connaître les autres acteurs locaux plus engagés, initier peut-être des projets communs à quelques-uns ou simplement créer de nouveaux liens….

Au fil des rencontres, la liste des participants s’allongera, cette expérience me donne envie de la prolonger en restant à l’échelle du quartier. Et pourquoi pas dupliquer sur un autre quartier de Rennes ? Mais je ne suis pas sûr de pouvoir en réorganiser pendant l’été, rendez-vous à la rentrée ?

Je rappelle que n’importe qui peut s’emparer de la proposition pour tester ailleurs, je fournis volontiers les supports / outils d’animation à adapter. Une mise en commun de l’expérience est fortement conseillée !

D’ailleurs je vous invite, que vous ayez participé ou non à une rencontre, à ajouter ci-dessous vos propres commentaires à ce billet !

Une question fertile ?

Comment je me sens (ou pas) citoyen·ne ?

Que répondriez-vous à cette question ?

Percevez-vous en quoi elle vous invite à aller chercher la réponse dans votre vécu subjectif, vos actes, plutôt que dans vos théories sur la démocratie ou la psychologie ?

Depuis l’émergence du Tiers Lien en 2020, se pose la question : faut-il définir un thème ou une question de départ pour inviter à la rencontre, au risque de ne rassembler que des passionnés, ou des gens qui se ressemblent, au détriment de la rencontre ouverte, de l’expérience de l’altérité ?

Mes précédents tâtonnements sur ce sujet sont en ligne ici : https://tierslien.com/index.php/les-outils-du-cotoyen/les-questions-de-depart/

Le rencontre du 7 juin 2025, dans le cadre du Printemps de la Citoyenneté de Rennes Métropole, m’a inspiré la question ci-dessus, suffisamment ouverte pour inspirer – je l’espère – tous les passant·e·s qui voudront bien rejoindre le « Kiosque citoyen ».

Une fois ceci partagé lors d’un premier tour de parole en petit groupe, les participant·e··s choisiront de prolonger la conversation de la façon qui leur convient, puis seront invités à garder trace sur différents supports, dont la Fresque du Buen Vivir du jour.

Je partagerai bien entendu une compilation de ces « enseignements civiques ». Si vous tentez un tour de table avec cette question lors d’une prochaine rencontre associative, familiale… n’hésitez pas à partager aussi votre « moisson » !

Samedi 7 juin 2025 journée « citoyenne » avec le Tiers Lien

Un « Kiosque civique » ouvert à toutes et tous pour voir plus large, lieu de curiosité, d’échanges, d’information, de reliance et pourquoi pas de trace(s) à laisser et de rendez-vous à se donner.

Où ? Ça y est on a trouvé le « bon » endroit, un espace (ou)vert idéal : rue de la Poterie (~n°100), face à l’entrée du parc du Landry, pas loin de la Maison du Ronceray.

QUAND ? De 10h à 18h, passage libre pour 5 minutes, 1/2 heure ou plus !

QUOI ? Un seul lieu, un seul jour, mais quatre propositions

  • Une présentation de collectifs civiques engagés en Bretagne et ailleurs
  • Des dialogues en petit groupe, façon « TIERS LIEN » : cercles de partage « libres » ou avec proposition de méthode / thématique, mais toujours un cadre de sécurité (voir par exemple la page Processus d’échange)
  • La construction d’une Fresque du Buen Vivir en partant d’une version « vierge » pour ce jour, exploration de versions antérieures plus « construites »
  • Une « Librairie éphémère » pour s’informer, voir plus large…, où la Coopérative Civique Ar Pemp Hent proposera revues et lectures invitant à la réflexion.
Le point de départ d’une Fresque du Buen Vivir. Quoi = les FONDATIONS d’une société désirable

Organisation souple en fonction des passants, des appétits, des envies d’expérimenter, de contribuer.

Bref, ce jour-là

ON SE PARLE, ON S’ÉCOUTE !

Une initiative dans le cadre du « Printemps Citoyen » de Rennes Métropole
https://fabriquecitoyenne.fr/

Dernière minute : nos amis de CIVIPEDIA seront à nos côtés, nous pourrons partager nos expériences et connecter nos initiatives. Thomas N’Dem nous parlera de l’Opération Milliard et du Printemps des fragilités (Nantes, les 24-25 mai)

ACTIVITÉ GARANTIE SANS INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Retour sur les dernières rencontres (06-08/24)

Un ZOOM, une soirée dans un bar, un temps plus long en Tiers Lieu, trois occasions d’explorer les chemins possibles vers un futur désirable à partir des 5 questions posées par la Fresque du Buen Vivir :

  • Quelles seraient les FONDATIONS d’une société plus juste ?
  • Quels sont les modes d’ACTION, les méthodes pour avancer ?
  • Sur quels TERRAINS ça s’expérimente, se vit, se prépare ?
  • Qu’est-ce qui doit MOURIR, de notre mode de civilisation actuel ?
  • Qu’est-ce qui peut (RE)NAITRE, de nos meilleures façons de faire société ?

Nous sommes partis à chaque fois d’une fresque vide que les participant.e.s complétaient à partir de leurs propres expériences, aspirations. Sans aucune autre consigne que « ce qui vous vient à l’esprit, il n’y a pas de bonne ni de mauvaise réponse, pas de définition stricte de chaque catégorie… ».

L’historique de la fresque était parfois proposée avant l’exercice collectif, parfois après. L’important est de ne pas en montrer les détails pour ne pas influencer les participants, tout en ouvrant le champ aux « changements globaux de la société dans les 5 – 50 – 500 ans qui viennent ».

Dans l’espace de l’Albergerie, un traveling entre la version « historique » d’avril et le résultat du travail collectif du 3 août :

(publication vidéo attendue)

Vous trouverez plus bas les compilations des « 5 quadrants », mixant les productions des différentes rencontres de l’été reprises sous la forme Klaxoon, non hiérarchisées.

J’en retiens quelques enseignements à la fois sur le processus d’animation et le contenu.

  • Laisser un peu de flou sur ce que représentent les 5 axes permet une expression plus libre, chacun⸱e proposant des mots et expressions selon sa sensibilité, son expérience, qu‘il s’agit d’accueillir sans jugement.
  • Il est heureux que nous ayons été peu nombreux à chaque fois, car le simple exercice de recueil (les post-it en silence), puis de relecture collective (explicitation, premiers rapprochements entre propositions) prend déjà du temps. En plus grand groupe, il faudra trouver des formes d’animation qui permettent aussi l’expression orale de chacun.e.
  • Laisser les propositions dans leur imperfection relative et leur propre logique de classement montre aussi les cheminements de pensée, les différences de sensibilité, et cela fait aussi partie du recueil (jardin sauvage moins maîtrisé)

Un second temps d’échange qui permettrait de reformuler, reclasser, s’accorder sur ce qui est « fondamental » et « souhaitable » par exemple, ce qui est plutôt un « objectif » ou un « moyen », se justifierait surtout pour un groupe qui veut continuer le travail sur sa propre fresque (clarifier les notions, trouver des sources d’information, des exemples de mise en œuvre…).

On passerait alors d’un travail d’expression / exploration à une phase de rationalisation / organisation visant une meilleure compréhension collective et peut-être un passage à l’action coordonné sur certains terrains. Ce serait la vraie dimension « éducation populaire » de la fresque.

  • Une partie de la production permet d’enrichir la « fresque de référence » qui peut ainsi garder sa propre cohérence (vocabulaire, organisation)
  • Une exploration critique de cette dernière demanderait, elle aussi, un temps spécifique, à ce stade elle reste plutôt un « exemple » que les participant⸱e⸱s peuvent consulter après coup si ielles le souhaitent. C’est pourquoi elle n’est montrée rapidement qu’après la coproduction du jour.

A l’Albergerie nous n’avons pas uniquement travaillé autour de la Fresque, nous avons aussi beaucoup discuté entre nous, regardé quelques documentaires qui ont nourri notre réflexion (et parfois aussi enrichi la fresque).  Il y a du potentiel pour un travail plus approfondi d’exploitation de ce qui est proposé par les participants, en particulier de réflexion sur les scénarios / récits / actions qui mettraient en cohérence une partie de ces ingrédients :

Quelles actions permettent l’émergence concrète de 2 ou 3 items de ce qui doit renaître, sur quels terrains (spatiaux ou culturels), en mobilisant quels acteurs avec quelles méthodes, et en quoi cela permet de diminuer l’influence de ce qui doit mourir, et est-ce que cela contribue bien à renforcer les fondations qui nous tiennent à cœur ?

A partir de cette grille, chaque action collective (politique, sociale, éducative…) ou geste individuel prend sens dans une perspective plus large, plus systémique. La conscience de cette appartenance à une dynamique humaine plus large, inappropriable, mais cohérente, est à mes yeux l’intérêt principal de cette exploration collective.

Me reste à ce stade la même interrogation que pour les cercles de rencontre Tiers Lien sans thématique imposée : comment faire participer les personnes éloignées de ce genre de discussion, voire éloignées des valeurs humanistes qui transparaissent des premiers échanges (« problème » des bulles sociales que je touche jusqu’ici), dans quels lieux « installer » des fresques en libre-service avant une rencontre collective pour les regarder ensemble ? Mes prochaines expériences seront probablement dans des lieux publics, institués (MJC…) ou non (places, parcs).

Vous êtes invité.e.s à vous emparer du principe, à votre façon. Initiez des conversations là où vous êtes, en réutilisant la trame proposée ou en tentant des formulations différentes, n’hésitez pas à prendre contact avec moi pour continuer à diversifier et mutualiser ces expériences. Tout est à disposition en licence libre (CC-by-SA), ni copyright ni certification d’animateur. Juste un lien à conserver pour mieux mutualiser.

SI vous n’avez pas participé à l’une de nos rencontres, je vous suggère de remonter au début de l’article et répondre pour vous-même (et par écrit) aux 5 questions posées avant de jeter un coup d’œil à la façon dont les participants de cet été ont répondu. Tous vos commentaires sont bienvenus, (mais modérés), via le formulaire en bas de page.

En guise d’avertissement, un aveu de modestie : Je ne prétends pas avoir réinventé l’eau chaude, il n’y a peut-être là pas grand chose de nouveau pour les pros de l’éducation populaire. J’ai croisé d’autres formes de fresques très intéressantes lors du Festival de la Décroissance à Saint-Maixent-L’école, j’espère vous en rendre compte un jour prochain. Certaines ont déjà leur place dans celle du Buen Vivir, les autres y arriveront, avec les autres approches d’Educ Pop….

Et voici donc les « jalons » posés par les participants sur ce chemin vers le Buen Vivir. Moi, ça me donne envie de prolonger la conversation. Pas vous ? :

1. Les FONDEMENTS d'une société plus juste, désirable
1. Les FONDEMENTS d’une société plus juste, désirable
2. Les LIEUX et ESPACES d'expérimentation, émergence
2. Les LIEUX et ESPACES d’expérimentation, émergence
3. Les METHODES pour produire les transformations
3. Les METHODES pour produire les transformations
4. Ce qui doit MOURIR
4. Ce qui doit MOURIR
5. Ce qui peut (RE)NAITRE
5. Ce qui peut (RE)NAITRE

Avant-programme 2-3/08 Plestan

Les 2 jours de « citoyenneté active » des 2 et 3 août 2024 à l’Albergerie seront pour partie organisés autour d’animations conçues autour de la Fresque du Buen Vivir, mais aussi largement ouvertes et adaptables en fonction de l’élan vital des participants ! Venez avec vos « provisions » de tout type à partager : alimentaires, bonne humeur, pourquoi pas mauvaise humeur aussi, connaissances, savoir-faire, inspirations…

L’un des objectifs est d’augmenter l’interconnaissance des réseaux formels et informels qui préparent aujourd’hui le monde de demain, et s’y préparent…

Des temps spécifiques de présentation de l’intention que nous portons, et des ressources que nous offrons comme communs :
vendredi et samedi à 11H, 15H, 18H et 20H

Des projections de documentaires ouvrant à débat, notamment « Et Maintenant on fait quoi », où il est question de précarité alimentaire, de RSA et de création(s) collectives. Participation libre pour aider à financer le film…

Et du même réalisateur, Vincent GLENN, des extraits d’un projet de documentaire autour du Revenu de base

Des « activités à la carte« 

  • Cocréation continue d’une nouvelle fresque du Buen Vivir, introduits par une présentation de la démarche
  • Déclinaisons artistiques, graphiques, incarnations spatiales… pour donner vie(s) à la fresque (capsules théâtrales… ?)
  • Des temps d’exploration de revues / livres autour des transitions, dont livres UTOPIA : La Manifeste, Le Buen Vivir, Le Bien-être un projet politique…
  • Des temps ludiques / corporels, agités et méditatifs
  • Des temps de repas partagé

Pour in fine coconstruire une dynamique citoyenne locale sur la durée
(un archipel des confluences local / régional) :

  • Identification de thèmes de nouvelles rencontres en Bretagne (ex : la propriété légitime, les formes du soin, résister et créer…) + liens avec les Universités UTOPIA à venir.
  • Pistes de liens plus continus entre réseaux pour continuer la coopération autour de la diffusion d’imaginaires positifs et de leur construction pratique
  • Appropriation de la démarche Tiers Lien par d’autres acteurs (Tiers Lieux notamment), réutilisation des outils, échanges d’expériences…

Vous pouvez nous adresser commentaires et propositions via le formulaire proposé dans l’article Rencontres juillet-août 2024 ou via le formulaire contact ci-contre.

l’Albergerie : 11, la Vallée, 22640 PLESTAN

A 2 minutes à pied de la gare SNCF de Plestan (Ligne Rennes-Brest) et de l’aire de covoiturage de Carmoran (sortie Plestan Carmoran de la N12). Un hébergement sommaire est possible sur place.

Covoiturage proposé via Mobicoop.

Plan d’accès

Ce qui manque, c’est le lien

Je pose ça ici, extrait de « Vallée du Silicium » d’Alain Damasio. A lire absolument pour s’équiper dans le monde que nous « offrent » les GAFAM.

Mon hypothèse est la suivante. Ce qui manque, selon moi, aux deux bouts du spectre, de la psychotique en chaise roulante jusqu’à Elon Musk, sociopathe d’extraction supérieure, en passant par les salariés d’une vingtaine d’années à 15000 dollars par mois, en passant par vous et moi, qui n’en faisons pas plus lourd, au mieux, que nous indigner en caressant discrètement la vitre de notre smartphone, ce qui manque, c’est le lien. La capacité à lier. L’empathie et la sympathie minimale. La faculté hautement humaine, mais aussi pleinement mammifère, à pouvoir souffrir et sentir avec. La faculté à pouvoir être traversé par cette détresse, à la recevoir plein corps, au point de ne plus pouvoir la tolérer sans agir.

A. Damasio – Vallée du Silicium, p. 101

Quel paradoxe que de partager ça (aussi) par internet et les réseaux sociaux.

Mais nous avons les moyens de ne pas accepter ce scénario du « technococon ». Relire Faites péter les bulles, devenez « cas contact », en toute conscience ?

Rencontres juillet-août 2024

(mise à jour : 10/07/24)

Affiche des rencontres ZOOM 22/7 + Rennes 24/7 + Plestan 2-3/8

Toutes ces rencontres sont ouvertes à tou.te.s, libres et gratuites.

En ligne le lundi 22 juillet

12h30-14h Atelier de re-création d’une fresque ex-nihilo (presque)

18h00-19h30 Exploration et échanges sur les animations / exploitations potentielles à partir de différentes fresques

Et si de l’intérêt se manifeste pour ça, prolongation en soirée pour enrichir ensemble la fresque « extensive »

Lien ZOOM (je viens de retirer le code d’accès supplémentaire)

En présence à Rennes le mercredi 24 juillet

  • Des rencontres nomades en ville la journée
  • 2 sessions au bar BABAZULA en soirée : 18h-19h30 et 20h-21h30

A Saint-Maixent l’école 26-28 juillet

Peut-être quelques rencontres en « OFF » pendant Décroissance le festival ?

A l’Albergerie (Plestan, 22) les 2 et 3 août.

Deux jours d’échanges et animations complémentaires, co-création permanente d’nue nouvelle fresque, travail sur la version existante, exploration avec les livres Utopia, peut-être projection d’un documentaire… Programme et plan d’accès ici.

Vous pouvez aussi me faire signe pour une session spéciale pour votre réseau, sur une approche particulière, pour inventer ensemble une forme d’animation spécifique…